L’agroécologie ou le juste retour vers l’essentiel


Qu’est-ce que l’agroécologie ?
L’agro-écologie permet de produire de la nourriture tout en s’appuyant sur l’aide naturelle des écosystèmes, en diminuant la pression sur l’environnement (réduire les émissions de gaz à effet de serre, limiter le recours aux produits phytosanitaires) tout en préservant les ressources naturelles. Il s’agit d’utiliser au maximum la nature comme facteur de production en maintenant ses capacités de renouvellement.
C’est en considérant l’exploitation agricole dans son ensemble que cette approche systémique permet des résultats surprenant, dépassant parfois ceux de la culture intensive à l’aide d’intrants chimiques.
Grâce à elle, le rôle de la biodiversité comme facteur de production est renforcé, voire restauré mais pour cela, il faut reconcevoir les systèmes de production, penser à la dynamique des eaux, aux cycles bio-géochimiques etc.

Le passage à l’agroécologie doit être pensé à l’échelle des territoires.

L’agroécologie, c’est simplement:

  • Réduire l’érosion et le travail du sol
  • Accroitre la biodiversité fonctionnelle
  • Préserver la ressource en eau
  • Augmenter la fertilité des sols
  • Favoriser la diversité génétique
  • Valoriser les co-produits
  • Redonner confiance au consommateur
Rendement comparatif

Les recherches montrent que certaines pratiques agricoles optimisant la productivité, telles la polyculture ou la rotation des cultures, minimisent l’écart de rendement à 8 ou 9% par rapport à l’agriculture conventionnelle et l’utilisation de pesticides. Cet écart se réduit chaque année et parfois s’inverse ou s’annule comme avec les cultures de légumineuses (haricots, lentilles, pois).

  • Rendement entre 92 et 100% voire supérieur. 92%

Faire du bio à la place du conventionnel ne suffit pas. C’est l’agroécologie, c’est-à-dire la science d’une agriculture soutenable à partir de l’étude des écosystèmes agricoles, qui permet d’avoir des rendements équivalents au conventionnel.

De nombreux acteurs, poussés par les attentes des consommateurs se sont engagés dans la lutte contre le changement climatique et dans l’évolution nécessaire de l’agriculture pour la société. Ils mettent en place de nouvelles formes de production, toujours plus responsables, et l’on entend désormais souvent les termes d’agriculture raisonnée, d’agriculture diversifiée biologique, de permaculture, de polyculture etc. Toutes ces approches tendent à fournir des produits de qualité tout en maitrisant leur impact sur l’environnement et en œuvrant à une relation de proximité entre producteur et consommateur.
Nombreuses sont ces « nouvelles fermes » qui combinent polycultures, ruches, fleurs comestibles, élevage de poules, compostage participatif (collecte biodéchets) etc.
L’installation d’une ferme de ce type dans notre vallée serait un plus non négligeable, sur le plan économique, de circuits-courts. Cette vallée sera le « nouveau » centre ville de Nice, et lui octroyer un espace de vie et de production exemplaire  surtout si l’on peut aussi réintroduire au sein de nos cités

Le système alimentaire industriel commence à épuiser son potentiel productif et sa capacité à générer des profits en raison de ses contradictions internes – telles que la question de la dégradation des sols, l’apparition d’herbes résistantes aux herbicides, l’épuisement des stocks halieutiques, la dévastation des plantations de monoculture par les insectes et les maladies – et de ses conséquences sur notre santé de plus en plus visibles…

L’agro-écologie fournit des éléments de réponse sur la manière de transformer un monde rural dévastés par la production industrielle de nourriture, elle inclut des pratiques et une production performantes ; impliquant des processus territoriaux de paysan à paysan et de consommateur à paysan, des centres de formation ainsi que le développement d’une structure théorique et technique. Cette Ferme Pilote au cœur de Nice pourrait être ce lieu de partage de connaissances, les terres agraires de notre vallée sont parfaite pour y créer un centre local de formation à l’instar du CREAT.

L’Agroécologie est une solution pour le climat, si nous développons localement ces principes pour les cultures existantes, la région aura tout à y gagner. La polyculture et la permaculture font partie de ces solutions peu impactantes pour l’environnement et qui permettent une production saine et biologique, une distribution en circuit-courts. Pour un rapport plus fort entre les producteurs locaux et les consommateurs.


Solutions complémentaires à développer ou implanter localement


Bon nombre d’aliments et de végétaux contiennent autant ou plus de protéines que la viande, voici un comparatif des denrées que nous pouvons produire localement et qui apportent non seulement des protéines mais plus encore (Vitamines, Glucides, Lipides, Sels minéraux, Fer, Fibres etc.) Les légumes secs comme les pois chiches, pois cassés, lentilles, fèves et autres haricots, combinés à des céréales, permettent de couvrir la totalité des besoins en acides aminés que fournissent les protéines animales. (voir S&A)

La Spiruline

Voilà pourquoi en plus de l’Aquaponie, notre Vallée doit diversifier à travers ses cultures traditionnelles méditerranéennes (Noix, Courges, lentilles, pois chiches et cassé, fèves etc.) mais doit s’engager aussi dans la production de Spiruline.
Un consortium de recherche, associant l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), le Cernh, la FAO et l’association la Voie bleue engagée dans le développement des microalgues comme aliments pour tous, travaille à sa valorisation auprès du grand public et des collectivités locales. Leur projet est l’un des lauréats du «concours mondial de l’innovation 2030».

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) recommande fortement sa production et son utilisation, et pas seulement dans la lutte contre la malnutrition, mais aussi comme complément alimentaire dans les pays dits développés.
Dans une ferme de spiruline, le rendement annuel est de 9 tonnes de protéines à l’hectare, contre 1 tonne pour le blé ou le soja !

Comparatif Protéines

  • Le sarrasin 13%
  • Le quinoa 14%
  • Le poisson 16%
  • Le pois chiche 19%
  • La viande 20%
  • Les noix 20%
  • Les graines de courge 25%
  • Les graines de chanvre 26%
  • La Spiruline (le grand vainqueur ! ) 65%

Cent cinquante fermes artisanales produisent de la spiruline en France, principalement dans le sud du pays, car elle exige une eau chauffée à 37 °C. En 2015, 3 % des Français mangent régulièrement de la spiruline ; avec une centaine de tonnes de spiruline sèche produites par an sur le territoire et de plus en plus de demandes de formation professionnelle, le marché est en pleine expansion.

C’est donc aussi une opportunité économique pour le territoire Niçois.

La spiruline contient un très fort taux de protéines pouvant atteindre jusqu’à 70 % de son poids, elle en contient deux fois plus de que le soja et trois fois plus que la viande ou le poisson. La spiruline a une très haute digestibilité de l’ordre de 75 à 83 % et elle conserve la plupart de ses vertus nutritives car sa consommation ne requiert ni cuisson, ni traitement préalable.
La spiruline est très riche en vitamines du groupe B et elle se distingue par sa richesse en Bêta-Carotène (Provitamine A). La richesse de la spiruline en fer (10 grammes de spiruline correspondent à environ 80 % des AJR) est très importante, et sa biodisponibilité est deux à trois fois supérieure à celle de la viande. Une ferme de Spiruline à Nice serait aussi un bienfait pour cette vallée et sa population.


Argoécologie et Agroforesterie, vers une meilleure gestion des territoires


Une vidéo proposée par l’État, l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, les régions Franche-Comté, Bourgogne, Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d’Azur s’engagent dans un plan d’adaptation au changement climatique.

L’agroécologie et la prévention des innondations

L’adaptation au changement climatique passe par la bonne gestion de l’eau et la lutte contre la désimperméabilisation des sols pour les laisser absorber le surplus d’eau, la chasse au gaspillage de l’eau, la préservation des zones humides et de la biodiversité.

Les zones agraires de la plaine du var ont un rôle nourricier et comme toutes les zones agricoles, leur irrigation doit être gérée afin d’optimiser les dépenses en eau, qui peuvent être réduites au minimum grâce à une irrigation au goutte à goutte, au paillage autour des plants, à la création de zones de rétention etc. Mais ces terres participent aussi à la régulation des eaux de ruissellement, en jouant le rôle de « tampon » hydrique et peuvent grandement améliorer la situation en cas de fortes précipitations.
Ces terres sont donc à préserver non seulement pour maintenir notre capacité de production agricole locale mais aussi pour des questions évidentes de sécurité.

L’agroécologie englobe toutes les bonnes pratiques agricoles dont l’agroforesterie.
Aménagements pour la biodiversité, association de cultures, plantation d’arbres fruitiers, enherbements, maraîchage entre rangs d’arbres, diversification légumière et fruitière, ajout de haies brise-vent et même pour la haute vallée, la mise en place de parcelles agroforestières en zone montagneuse.
La bonne gestion de l’écosystème agricole et de sa biodiversité est essentielle pour une agriculture durable !