Les circuits-courts, l’agriculture et la ville


Les circuits-courts connaissent un succès croissant, ce n’est pas un engouement passager, c’est l’amorce d’un changement de mode de consommation. La part de la vente directe dans la consommation globale reste encore assez faible mais de nouvelles structures de vente s’installent dans la durée : livraisons de paniers fermiers, boutiques de producteurs, sites Internet, etc. qui rognent des parts de marché à la grande distribution.

La vente directe (des producteurs aux consommateurs)

  • Vente à la ferme (panier, cueillette, marché à la ferme, etc.).
  • Vente collective (point de vente collectif ou panier collectif).
  • Vente sur les marchés (marchés de producteurs de pays, marchés paysans, marchés polyvalents).
  • Vente en tournées (avec éventuellement point relais de livraison) ou à domicile
  • Vente par correspondance (internet, etc.).
  • Vente organisée à l’avance (Amap).
  • Accueil à la ferme (gîtes, tables d’hôtes…) avec consommation sur place des produits de la ferme.

La vente indirecte (avec un seul intermédiaire)

  • Vente à la restauration (traditionnelle, collective.).
  • Vente à un commerçant-détaillant (boucher, épicerie de quartier, Grandes et moyennes surfaces, etc.).

(Tiré du Rapport du Groupe de travail « circuits courts et commercialisation »)

Plus de 30 % de la population vit seule, les budgets sont plus serrés, les usages de transports changent et les circuits courts prennent naturellement de l’ampleur dans ces conditions. Les hypermarchés de périphérie évoluent et certains distributeurs commencent à œuvrer dans le bon sens. En achetant du foncier agricole proches des hypers, en créant des élevages ou encore, des potagers « indoor » à l’instar de Metro qui a installé ce type de service dans l’un de ses entrepôts.
Pourquoi ne pas imaginer pouvoir essaimer des fermes innovantes sur des parcelles agricoles proches des hypers de la région ?

Sondage OpinionWay
Vous et les produits Régionaux

Nous aurons bientôt des « Drive Agricoles » dans la plaine et l’on voit bien qu’il est désormais possible et nécessaire de relocaliser aussi certaines productions dans la ville, les quartiers plutôt que de les importer. Il suffit d’une légère impulsion pour offrir aux habitants un cœur de ville accès sur le « bien vivre » et le « bien consommer », et ce avec des moyens réduits, peu d’emprise foncière que celle existant déjà et même une réhabilitation de bâtiments en déshérence.

Tout comme il est maintenant possible de fabriquer chez soi des objet avec l’impression 3D, les citadins commencent à planter des aliments sur leur balcons, à produire des aromates dans leur cuisine. Ce nouveau marché économique est en train d’exploser et si le « faire soi-même » est devenu un plaisir tout autant qu’un besoin économique, le « fait localement » est aussi de plus en plus demandé.

Mais au delà de cette évolution du marché, c’est l’indépendance alimentaire de nos Métropoles qui doit être aujourd’hui le fer de lance de la promotion des circuits courts et de l’Agriculture Urbaine. Quoi de plus efficient en terme de production/Vente directe qu’une Ferme Urbaine ? Certes tout ne peut être produit sur place, dans les quartiers, mais bon nombre de légumes peuvent l’être, on peut aussi élever des poules, pour gérer avec efficacité nos biodéchets et avoir des œufs frais en bas de chez soi, on peut aussi songer à du compostage coopératif urbain etc.


L’exemple de Mouans-Sartoux


Une Régie Communale, de la Bio en Agroécologie, des circuits-courts…

Installée sur un terrain de quatre hectares préempté par la commune pour empêcher un projet immobilier, la régie agricole de la ville de Mouans-Sartoux a révolutionné la restauration collective sur le territoire. Les fruits et légumes y sont cultivés dans le respect des principes de l’agro-écologie. Pour améliorer l’approvisionnement en produits bio et locaux, la commune a donc créé sa propre régie agricole de 4 hectares ! Ce qui permet de produire des légumes frais et de saisons au plus proche des trois cuisines. Gilles Pérole (Adjoint au Maire) justifie la création de cet espace en plein cœur de l’agglomération « Soit les agriculteurs de la région ne faisaient pas de bio, soit ils en faisaient mais n’étaient pas en mesure de répondre à nos besoins ».

L’exemple d’Albi


Albi veut obtenir son autosuffisance alimentaire d’ici 2020…

Albi vise l’autosuffisance alimentaire grâce au bio et au gratuit pour garantir à tous une alimentation saine et écolo. Jamais une aussi grande ville n’avait eu une telle ambition, un pari génial et futuriste.
Quand la politique fait preuve de volonté, tout est possible. La preuve à Albi où les élus de la ville viennent de se fixer un objectif aussi concret qu’utile et ambitieux : parvenir à l’auto-suffisance alimentaire de toute la commune à l’horizon 2020, la ville veut réorganiser sa production agricole pour que 100% de ce dont elle a besoin soit disponible dans un rayon de 60km seulement. Avec la mise en place de circuits-courts, la ville d’Albi vise trois objectifs : réduire l’impact carbone lié aux transports de marchandise, sécuriser les approvisionnement en cas de crise alimentaire et s’assurer une meilleure qualité des produits consommés.